
Le fabricant de puces mémoire chinois CXMT a engagé une procédure fédérale contre le département américain de la Défense afin de faire annuler son inscription sur la liste 1260H des « entreprises militaires chinoises ». Dans sa plainte, CXMT conteste être lié à l’Armée populaire de libération chinoise et soutient que ses composants sont conçus pour des usages civils et commerciaux.
Ce contentieux prend une dimension particulière pour Apple. En juin, le groupe a demandé à l’administration Trump l’autorisation d’acheter des puces mémoire à CXMT, malgré l’inscription du fournisseur sur cette liste du Pentagone. La procédure judiciaire place donc l’approvisionnement potentiel d’Apple au cœur d’un dossier où se mêlent politique industrielle, sécurité nationale et chaîne logistique des semi-conducteurs.
CXMT conteste une décision « arbitraire »
Selon CXMT, le département de la Défense a classé l’entreprise comme un risque pour la sécurité nationale sans preuves suffisantes, une décision qui aurait porté atteinte à ses activités et à sa réputation. Le fabricant indique avoir transmis des informations au ministère pendant plus d’un an pour démontrer que cette qualification n’était pas justifiée.
La société figure sur la liste depuis janvier 2025 ; cette désignation a été maintenue en juin 2026. CXMT affirme qu’en février 2026, le Pentagone avait brièvement annoncé son retrait avant de retirer cet avis le même jour. En juin, le département de la Défense a estimé que CXMT était directement affiliée au ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), et indirectement à la commission chinoise de supervision des actifs publics (SASAC).
Un enjeu commercial direct pour Apple
La liste 1260H n’interdit pas formellement aux entreprises américaines d’acheter auprès de CXMT. Elle empêche toutefois le département de la Défense de conclure des accords avec les sociétés qui y sont inscrites, y compris lorsque des produits ou services de tiers intègrent leurs composants. Des appareils Apple équipés de mémoire CXMT pourraient ainsi compliquer les ventes du groupe à l’administration américaine.
Pour Apple, le risque dépasse donc le seul coût des puces : le choix d’un nouveau fournisseur doit rester compatible avec ses débouchés institutionnels aux États-Unis. Le débat a également suscité des oppositions à Washington et de la part de Micron, concurrent américain de CXMT sur le marché de la mémoire.
Ce que ça change
La plainte de CXMT pourrait accélérer la clarification du statut du fournisseur, un point déterminant pour qu’Apple puisse diversifier ses achats de mémoire sans fragiliser ses relations commerciales avec le gouvernement américain. La décision sur la liste 1260H sera à surveiller, car elle peut influer à la fois sur la stratégie d’approvisionnement d’Apple et sur la place de fournisseurs chinois dans l’électronique vendue aux États-Unis.
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Source : CXMT — plainte fédérale contre le département de la Défense des États-Unis
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