
Apple a renforcé sa ligne de défense auprès de CADE, l’autorité brésilienne de la concurrence, face aux demandes visant à élargir l’accès au NFC de l’iPhone. La firme affirme que des acteurs du secteur bancaire cherchent à profiter de ses technologies sans contrepartie.
Une procédure lancée par la banque centrale et Febraban
L’an dernier, la banque centrale du Brésil (Banco Central) et le lobby bancaire Febraban ont saisi CADE afin d’examiner si Apple limitait de manière injuste l’accès des prestataires de paiement tiers au NFC de l’iPhone, par rapport à ses propres services.
Dans ses réponses, Apple a notamment fait valoir que l’iPhone ne représenterait qu’environ 10 % du marché des smartphones dans le pays et que les développeurs tiers disposent d’un accès au NFC depuis 2024. L’entreprise a également soutenu que le marché brésilien restait riche en alternatives de paiement et qu’Apple Pay ne causerait ni préjudice aux consommateurs ni éviction de concurrents. Apple a enfin estimé qu’aucun texte brésilien n’interdirait la facturation de frais pour ses services, selon Tecnoblog.
PIX, le point de friction
L’argument d’un marché « bien pourvu » renvoie notamment à PIX, système local gratuit et instantané lancé en 2020, devenu le moyen de paiement le plus utilisé au Brésil.
Banco Central a déployé l’an dernier un protocole sans contact pour PIX. Apple, contrairement à Google, n’a pas adopté ce protocole, considérant la fonctionnalité comme non essentielle dans un contexte où l’usage de PIX repose encore largement sur les paiements par QR codes plutôt que sur le sans contact.
Apple accuse les banques de vouloir « profiter » de ses technologies
Dans une nouvelle communication adressée à CADE, rapportée par O Globo, les avocats d’Apple au Brésil affirment qu’« il existe une volonté de la part de tiers — en particulier les banques et les prestataires de services de paiement — d’agir comme des “passagers clandestins” des technologies propriétaires d’Apple, sans avoir à compenser Apple pour les investissements associés en recherche et développement et pour des services continus — tels que des audits de prestataires, des diligences, et une surveillance permanente de la sécurité des infrastructures de paiement ».
Apple ajoute que ces acteurs chercheraient à promouvoir un modèle d’accès au NFC qui, à la différence d’Apple Pay et d’Apple Wallet, introduirait des frictions susceptibles de réduire la facilité de bascule entre cartes de paiement, en imposant de sélectionner une nouvelle solution de paiement à chaque changement de carte.
Cette prise de position intervient environ un mois après une réunion, tenue à huis clos, entre des représentants d’Apple et le directeur de la régulation de Banco Central, Gilneu Francisco Astolfi Vivan, mentionnée dans l’agenda officiel du 15 janvier (Banco Central).