
L’autorité brésilienne de la concurrence CADE (Conselho Administrativo de Defesa Econômica) demande à Apple de répondre à une série de questions techniques et juridiques sur les restrictions d’accès au NFC de l’iPhone, dans le cadre d’une enquête pour pratiques anticoncurrentielles présumées.
Selon Folha de S. Paulo (via MacMagazine), CADE a adressé mardi 17 mars une notification formelle à Apple, portant notamment sur les frais, les exigences techniques et les contrats signés avec des développeurs au Brésil. Apple a jusqu’au 30 mars pour répondre.
Un dossier ouvert depuis 2025 autour des paiements sans contact
L’enquête a été déclenchée après une saisine de la banque centrale du Brésil (Banco Central) et de la fédération bancaire Febraban. Les deux entités souhaitent faire examiner si Apple limite de manière indue l’accès des prestataires de paiement tiers au NFC de l’iPhone, en comparaison de ses propres services.
Apple a fait valoir qu’aucun texte de loi brésilien n’empêcherait la facturation d’un service, tout en rappelant une part de marché d’environ 10 % sur les smartphones dans le pays. Apple affirme également que des développeurs tiers ont accès au NFC de l’iPhone depuis 2024 et que l’offre locale de moyens de paiement resterait diversifiée, Apple Pay n’ayant, selon l’entreprise, ni impact négatif pour le consommateur ni effet d’éviction des concurrents.
PIX et la question du « contactless »
Le dossier touche aussi à PIX, système de paiement gratuit et instantané lancé en 2020, largement dominant au Brésil. Banco Central a déployé l’an dernier un protocole permettant l’usage de PIX en sans contact. Apple, à la différence de Google, n’aurait pas adopté ce protocole, estimant qu’il ne s’agit pas d’une fonctionnalité essentielle dans un marché où les paiements PIX via QR codes restent très utilisés.
Folha de S. Paulo indique par ailleurs qu’Apple chercherait à éviter d’être classée comme « Payment Transaction Initiator », une catégorie réglementaire sous supervision de Banco Central, susceptible d’imposer des obligations d’interopérabilité et d’accès.
À ce stade, aucun commentaire public d’Apple n’a été rapporté sur la nouvelle demande de CADE.