
L’Inde ajoute un nouvel argument à sa stratégie industrielle dans l’électronique. D’après une notification du Ministry of Finance datée du 9 juillet 2026, le pays supprime les droits de douane à l’importation sur plusieurs composants utilisés dans les smartphones, notamment des batteries, des bobines de recharge sans fil et certains modules électroniques. Jusqu’ici, ces pièces pouvaient être taxées entre 5 % et 7,5 % à leur entrée sur le territoire indien.
Pour Apple, l’enjeu est très concret. Une large partie des composants d’un iPhone reste produite hors d’Inde, qu’il s’agisse par exemple de capteurs photo fabriqués au Japon, de batteries provenant du Japon, de Chine ou de Taïwan, ou encore des puces de TSMC produites à Taïwan. Quand l’assemblage final a lieu en Inde, ces éléments importés viennent donc grever le coût de fabrication avant même l’export du produit fini.
Une mesure taillée pour l’essor de la production locale
L’Inde est devenue en quelques années un maillon de premier plan pour Apple. En 2026, environ un quart de la production mondiale d’iPhone devrait sortir des usines de Foxconn India et de Tata Electronics. Cette montée en puissance sert deux objectifs à la fois : réduire l’exposition d’Apple aux droits de douane américains frappant les produits importés de Chine, et répondre à la politique de localisation voulue par New Delhi dans un marché indien devenu central pour l’iPhone.
Selon la notification officielle, l’exemption doit rester en place au moins jusqu’au 31 mars 2029. Pour les industriels, cette visibilité compte presque autant que l’allègement fiscal lui-même : elle permet de planifier des investissements, de sécuriser des volumes et d’ancrer davantage les chaînes d’assemblage sur plusieurs exercices.
Un levier de coût, pas forcément de prix
L’effet potentiel sur les comptes est loin d’être marginal. Supprimer des droits de 5 % à 7,5 % sur plusieurs familles de composants clés, puis appliquer ce gain à des dizaines de millions d’appareils, peut représenter une économie significative pour Apple et ses partenaires. Cela ne signifie pas pour autant une baisse du prix de vente des iPhone : la mesure améliore d’abord l’équation industrielle et la marge, dans un contexte où la diversification hors de Chine est devenue un impératif stratégique.
New Delhi affiche aussi ses ambitions. Le pays vise une montée de son industrie d’assemblage jusqu’à 500 milliards de dollars d’ici 2030. Le montant est élevé, mais il s’appuie sur une progression déjà rapide : en dix ans, les revenus tirés de la production de smartphones en Inde ont été multipliés par 28.
Ce que ça change
Pour Apple, cette exemption renforce la compétitivité de l’Inde comme base d’assemblage, à un moment où la résilience de la chaîne d’approvisionnement pèse autant que le coût unitaire. Pour les utilisateurs, il ne faut pas en attendre automatiquement des iPhone moins chers : l’effet le plus probable est une amélioration de la flexibilité industrielle d’Apple et une dépendance un peu moins forte à la Chine. Le point à surveiller sera la capacité de l’Inde à élargir cette dynamique de l’assemblage vers davantage de composants produits localement.
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Source : Government of India — Ministry of Finance (customs exemption notification, 9 July 2026)
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