
Apple a présenté le MacBook Neo la semaine dernière. À 599 $, ce nouveau portable vise clairement l’accès au Mac, avec une approche plus simple que le MacBook Air et le MacBook Pro, tout en conservant l’essentiel de l’expérience macOS.
Design : aluminium, finitions soignées, couleurs assumées
Côté châssis, le MacBook Neo reprend les codes Apple : construction en aluminium, assemblage rigide, sensation de produit « sérieux ». Deux détails le distinguent immédiatement : le logo Apple au dos n’est pas brillant, et l’écran n’adopte pas d’encoche.
Apple a mis en avant, lors d’une démonstration à New York, un comparatif face à un PC Windows vendu dans la même gamme de prix. Au-delà de l’écran et des haut-parleurs, la différence de rigidité saute aux yeux : le PC concurrent grinçait et « travaillait » sous la pression du clavier et du trackpad, là où le MacBook Neo restait parfaitement silencieux.
Le MacBook Neo est décliné en quatre coloris : argent, citrus, blush et indigo. Apple ne s’est pas contentée d’une palette minimaliste. Le clavier est en plus assorti à la teinte du châssis, un détail particulièrement visible sur la version indigo.
Encombrement et poids
Le MacBook Neo (écran 13 pouces) pèse 2,7 lb, comme le MacBook Air 13 pouces, mais il est légèrement plus épais (0,50 in contre 0,44 in). Son empreinte au sol est toutefois la plus compacte de la gamme actuelle grâce à l’écran plus petit, ce qui se ressent en mobilité.
Écran : lumineux, mais sans gamut P3 ni True Tone
La dalle 13 pouces affiche une définition de 2408 × 1506 à 219 ppp, avec 500 nits de luminosité et la prise en charge d’un milliard de couleurs. En revanche, pas de large gamme P3 : le MacBook Neo reste en sRGB, contrairement aux autres Mac actuels. Sur des usages courants, l’écart passe souvent inaperçu, mais il devient plus évident en comparaison directe et pour les travaux sensibles à la couleur.
L’écran gère l’ajustement automatique de luminosité, mais fait l’impasse sur True Tone.
Puce A18 Pro : un Mac « iPhone-class » sans rupture logicielle
Le MacBook Neo est animé par une puce A18 Pro (CPU 6 cœurs, GPU 5 cœurs), proche de celle de l’iPhone 16 Pro, avec un cœur GPU en moins. C’est la première fois qu’Apple place une puce de la famille A dans un Mac. Sur le plan logiciel, l’intégration reste transparente : l’expérience macOS est identique dans l’usage quotidien.
Connectique : deux USB‑C, mais pas au même niveau
Le MacBook Neo n’embarque que deux ports USB‑C. Celui situé à l’arrière monte jusqu’à 10 Gb/s (USB 3), tandis que celui à l’avant se limite à 480 Mb/s (USB 2). Aucun marquage ne permet de les distinguer physiquement. macOS Tahoe affiche toutefois une alerte si un périphérique exigeant, comme un écran externe, est branché sur le port USB 2.
Ce choix reflète les contraintes matérielles liées à l’A18 Pro. Dans l’absolu, deux ports USB 3 ou du Thunderbolt auraient été plus cohérents, mais Apple a au moins évité la combinaison « un seul USB‑C + MagSafe », ce qui préserve un minimum de flexibilité au quotidien (charge + accessoire, ou charge + écran selon les cas).
Performances : très solide en mono‑cœur, plus limité en charge lourde
Les mesures synthétiques positionnent le MacBook Neo là où l’A18 Pro est attendu : très performant en mono‑cœur, ce qui favorise la plupart des usages courants (navigation web, bureautique, retouches légères, montage simple). En multi‑cœur, l’écart se creuse face aux MacBook Air et surtout aux MacBook Pro, ce qui se traduit par une limite plus rapide sur les exports vidéo, la compilation, ou d’autres charges fortement parallélisées.
- En mono‑cœur : environ +47 % vs MacBook Air M1, +34 % vs M2, +10 % vs M3, −6 % vs M4, −13 % vs M5.
- En multi‑cœur : environ +4 % vs M1, −10 % vs M2, −28 % vs M3, −41 % vs M4, −49 % vs M5.
8 Go de RAM, sans option
Le MacBook Neo se limite à 8 Go de mémoire vive, sans possibilité d’upgrade. C’est une conséquence directe de l’architecture de l’A18 Pro, conçue pour une enveloppe mémoire similaire à celle de l’iPhone 16 Pro. Dans les faits, macOS s’appuie fortement sur le swap (déport temporaire vers le SSD) pour tenir des scénarios de multitâche raisonnables, mais la contrainte peut devenir plus sensible que la seule question du multi‑cœur pour certains usages.
Autonomie : très efficiente au regard de la batterie
Apple annonce 16 heures de lecture vidéo et 11 heures de navigation web en Wi‑Fi, avec une batterie de 36,5 Wh. À capacité comparable, l’efficacité est remarquable, l’A18 Pro étant particulièrement sobre.
Compromis : trackpad, Touch ID, webcam, clavier non rétroéclairé
Le MacBook Neo abandonne le trackpad Force Touch : le clic est mécanique, et non simulé par retour haptique. Apple conserve toutefois un clic possible sur toute la surface, ce qui le distingue favorablement de nombreux PC de cette gamme.
Les haut‑parleurs sont de type « side‑firing » (sur les côtés) avec Spatial Audio. Malgré leur orientation, le rendu reste convaincant grâce au traitement audio d’Apple, même si le MacBook Pro garde l’avantage.
Autre particularité : la configuration la moins chère n’intègre pas Touch ID. L’authentification peut toutefois s’appuyer sur le déverrouillage via Apple Watch, disponible dans macOS.
- Webcam 1080p, sans Center Stage
- Pas de charge rapide
- Wi‑Fi 6E au lieu du Wi‑Fi 7
- Pas de Spatial Audio avec suivi dynamique de la tête sur AirPods
- Un microphone de moins que le MacBook Air
Trois limites ressortent davantage : l’absence de rétroéclairage du clavier, l’absence de True Tone, et la prise en charge d’un seul écran externe, limitée à la 4K à 60 Hz.
Positionnement et configurations : « good, better, best » enfin lisible
Le MacBook Neo s’insère en amont du MacBook Air et du MacBook Pro avec une segmentation plus nette que par le passé. Deux configurations sont proposées :
- 8 Go RAM, 256 Go de stockage, sans Touch ID : 599 $
- 8 Go RAM, 512 Go de stockage, avec Touch ID : 699 $
Ce découpage évite les recouvrements tarifaires et force, au-delà d’un certain niveau de stockage ou de besoins (ports, écrans externes, colorimétrie, charge lourde), à basculer vers le MacBook Air ou le MacBook Pro.
Lors d’un événement organisé par Apple, John Ternus a résumé l’ambition en une formule : « Life is just better when you’re using a Mac. »