
Le CHIPS Act était censé garantir qu’Apple puisse produire certaines de ses puces aux États-Unis. Mais récemment, Donald Trump vient de jeter un froid en remettant en cause l’avenir de ce programme stratégique.
Lors d’un discours récent, Trump a surpris ses partisans et ses opposants en qualifiant le CHIPS Act de « chose horrible ». Il a ouvertement demandé au Congrès de le démanteler, selon des propos rapportés par le New York Times. Une interruption notable dans un programme phare pourtant bipartisan, qui vise principalement à réduire la dépendance américaine vis-à-vis des fournisseurs étrangers en matière de semi-conducteurs avancés, tout en créant de nombreux emplois aux États-Unis.
Face à cette attaque inattendue, l’industrie des semi-conducteurs – comprenant notamment TSMC, Intel, Nvidia, AMD et Qualcomm – n’a pas tardé à réagir. Le lendemain même du discours de Trump, la Semiconductor Industry Association (SIA) réunissait ses membres en conférence téléphonique pour exprimer leur inquiétude face à une potentielle annulation des financements promis. Plusieurs dirigeants, préoccupés, auraient même déjà sollicité l’avis de leurs conseillers juridiques pour mieux comprendre si l’administration Trump était effectivement en mesure de suspendre ou d’annuler des contrats déjà signés.
Des puces « Made in America » en sursis ?
Apple avait salué le lancement du CHIPS Act en 2022, annonçant une collaboration stratégique avec TSMC pour la fabrication de puces destinées à ses appareils, directement aux États-Unis (Arizona plus précisément). Ce projet ambitieux prévoyait plusieurs unités de production et une participation significative d’Apple dès les premiers cycles de production imminents.
Mais les récentes déclarations ainsi que des licenciements au sein de l’équipe en charge des subventions du CHIPS Act, rapportés par le New York Times, jettent un doute considérable sur ces ambitions. TSMC avait pourtant montré des signes d’apaisement en annonçant tout récemment un investissement additionnel de 100 millions de dollars dans le pays, tentant ainsi d’obtenir une stabilité dans son accord avec l’administration Trump. Désormais, la situation paraît nettement moins certaine.
Pour reprendre une analogie appréciée par les fans d’Apple : c’est un peu comme si l’administration Trump souhaitait débrancher le chargeur avant que la batterie ne soit chargée à 100 %. Reste désormais à savoir comment Cupertino et TSMC adapteront leurs plans, alors que l’avenir du CHIPS Act est plus incertain que jamais.