
Où en sommes-nous dans le feuilleton des tarifs douaniers de Trump ? Après que la Maison Blanche a augmenté les tarifs sur les importations chinoises cinq fois en l’espace de neuf semaines, nous avons ensuite assisté à une « pause » et à une exemption sur les produits électroniques grand public.
La dernière nouvelle en date a révélé que cette exemption, qui couvre tous les produits Apple, n’est que temporaire, d’une durée de 1 à 2 mois. Cependant, voici trois raisons pour lesquelles il serait extrêmement improbable que cela soit vrai.
Un contexte insoutenable
La flambée des tarifs en cours est clairement insoutenable. À chaque fois qu’Apple annonce une augmentation des tarifs sur les produits chinois, la Chine réagit avec des tarifs équivalents sur les produits américains. Trump est passé de 10 % à 20 %, puis à 34 %, avant d’atteindre des sommets de 104 % et même 145 %. On peut difficilement imaginer une fin à ce jeu de ramping, même si Trump devait éventuellement frapper à 1 000 % ou plus. C’est la leçon d’introduction aux tarifs douaniers dans le cours intitulé Pourquoi les tarifs ne fonctionnent pas.
Les impacts désastreux
Les dommages causés aux économies américaine et mondiale sont déjà dévastateurs. Il ne s’agit pas seulement de ce qui s’est passé, mais de l’imprévisibilité des politiques économiques américaines. Il est impossible pour les entreprises de planifier l’avenir dans un environnement où les règles peuvent changer de manière spectaculaire chaque semaine. Les entreprises doivent établir leurs plannings de production des mois à l’avance, et planifier leurs investissements sur des années. Dans une économie aussi turbulente, cela devient presque impossible. Ce qui est urgent pour commencer à réparer les dégâts économiques, c’est la stabilité.
Une économie en danger
Le facteur le plus crucial demeure l’impact sur le marché obligataire américain, qui a clairement montré une tendance vers une récession à grande échelle. La perte de confiance dans l’économie américaine a entraîné une vente massive d’obligations d’État. Pour contrer cela, le gouvernement américain a été contraint d’augmenter le rendement (taux d’intérêt) de ces obligations, ce qui a des répercussions sur le reste du marché, rendant l’emprunt plus coûteux pour les consommateurs et les entreprises.
Une forte hausse des coûts du crédit est le meilleur moyen d’atterrir dans une récession. Même Trump a dû admettre que c’était la vente d’obligations qui l’avait contraint à « mettre en pause » les augmentations tarifaires.
Les menaces de Trump finiront probablement par disparaître discrètement, ou il trouvera une raison honorable pour changer de cap.