
La question de la succession de Tim Cook revient au premier plan. Une piste rarement évoquée émerge: une co-direction avec John Ternus, à la faveur d’un contexte politique et institutionnel devenu plus central pour Apple.
Un précédent: les co-CEO dans la tech
Plusieurs groupes ont adopté un binôme au sommet ces dernières années. Spotify a annoncé que Daniel Ek quittera la direction générale en janvier pour devenir executive chairman, avec Alex Norström et Gustav Söderström promus co-CEO (Spotify Newsroom). Oracle a officialisé la succession de Safra Catz par Clay Magouyrk et Mike Sicilia en tant que co-CEO, seconde tentative du groupe avec ce modèle (Oracle). Netflix fonctionne avec Ted Sarandos et Greg Peters depuis 2023.
Dans ces configurations, les périmètres sont nettement partagés: contenu et marketing d’un côté, produit et technologies de l’autre; ou encore cloud et plateformes d’un côté, applications métiers et offres commerciales de l’autre.
Le cadre: le titre de CEO n’est pas obligatoire
Aux États-Unis, pour les sociétés cotées, la réglementation impose d’identifier le principal executive officer (ainsi que les responsables financiers et comptables), sans exiger l’usage du titre « CEO ». L’important est la fonction exercée et sa transparence vis-à-vis du marché.
Et Apple ?
En 2021, Tim Cook indiquait à Kara Swisher qu’il ne serait « probablement pas » CEO dans dix ans (New York Times). Depuis, John Ternus, Senior Vice President of Hardware Engineering, est régulièrement cité comme favori pour lui succéder.
Le contexte a évolué, notamment avec le deuxième mandat du président Trump et des apparitions publiques plus fréquentes de Tim Cook à ses côtés. Une simple passation pourrait ne pas suffire si les échanges institutionnels requièrent la stature et la continuité associées au titre de CEO.
Ce que pourrait impliquer un tandem Cook–Ternus
- John Ternus piloterait les opérations internes: produit, ingénierie et fonctions opérationnelles.
- Tim Cook concentrerait son action sur les relations gouvernementales et les dossiers stratégiques internationaux.
- Le maintien du titre de CEO pour les deux cadrerait avec les usages diplomatiques et la représentation d’entreprise.
Atouts et limites d’une co-direction
- Continuité externe: capitaliser sur les relations institutionnelles déjà établies par Tim Cook.
- Transition progressive: permettre à John Ternus d’imprimer sa marque sans rupture.
- Risque de perception: interprétation possible comme un signal de confiance incomplète envers le nouveau dirigeant.
- Ambiguïtés de gouvernance: arbitrages plus complexes si les responsabilités se recoupent.
Le schéma le plus classique resterait la transition vers un rôle d’executive chairman pour Tim Cook, une voie généralement bien accueillie par les marchés. Une co-direction constituerait une adaptation pragmatique à des circonstances jugées particulières.