
Début décembre, Tim Cook a multiplié les rencontres à Washington, D.C., pour s’opposer à un projet de loi qui ferait peser sur les boutiques d’applications la responsabilité de vérifier l’âge des utilisateurs. Apple invoque la protection de la vie privée, un angle qui met aussi en évidence l’intérêt d’une vérification centralisée au niveau de la plateforme.
Le projet de loi « App Store Accountability Act »
Le texte propose de transférer la responsabilité de la vérification d’âge des développeurs vers les magasins d’apps. Plutôt que de prouver son âge auprès de multiples éditeurs à chaque téléchargement soumis à une limite d’âge, l’utilisateur effectuerait un contrôle unique auprès de la plateforme (Apple ou Google), qui filtrerait ensuite l’accès aux apps selon l’âge déclaré.
La position d’Apple
Apple s’oppose à cette approche. Dans un courrier adressé au Congrès, Hilary Ware, responsable de la confidentialité chez Apple, estime que le projet « pourrait menacer la vie privée de tous les utilisateurs en obligeant des millions d’adultes à céder leurs informations privées pour le simple fait de télécharger une app ».
Ce que cela implique pour la vie privée
- Multiplier les vérifications d’âge auprès de développeurs tiers accroît la dissémination de données sensibles (pièces d’identité, selfies vidéo) et la surface d’exposition.
- Un contrôle unique opéré par la boutique d’apps limite le nombre de transmissions et réduit les risques de fuites chez des acteurs disparates.
- L’expérience d’utilisation gagne en simplicité avec une vérification unique et un blocage automatique des téléchargements inadaptés à l’âge.
Apple cherche à éviter une responsabilité légale directe sur ces vérifications. Le débat se concentre sur l’acteur le mieux placé pour opérer ce contrôle et sur le modèle le moins intrusif. Tim Cook a poursuivi ses échanges avec les législateurs à Washington, D.C., pour défendre cette ligne.