
Apple s’appuie depuis des années sur une pratique industrielle bien connue, le chip binning, pour réutiliser des puces qui n’atteignent pas les critères d’un produit donné. L’objectif est simple : améliorer les rendements de production et réduire le gaspillage, en redirigeant ces composants vers d’autres modèles ou d’autres gammes.
Le principe : désactiver ce qui ne passe pas la validation
Le chip binning consiste à classer des puces selon leurs performances ou leurs caractéristiques réelles après fabrication. Lorsqu’un bloc précis ne fonctionne pas parfaitement — par exemple un cœur graphique — la puce peut être commercialisée avec une configuration ajustée, au lieu d’être écartée.
Un exemple emblématique est apparu avec la génération M1 sur MacBook Air : certains modèles se distinguaient par un GPU à 7 cœurs plutôt qu’à 8. L’explication avancée est celle de puces dont l’ensemble des cœurs graphiques n’était pas pleinement opérationnel, requalifiées pour des configurations inférieures afin d’augmenter les volumes exploitables.
MacBook Neo : des puces d’iPhone requalifiées
Le cas du MacBook Neo illustre une déclinaison plus visible de cette logique. Apple y aurait intégré des A18 Pro initialement destinées à l’iPhone 16 Pro, mais écartées car un cœur graphique sur six ne fonctionnait pas. Ces puces requalifiées, limitées à cinq cœurs GPU, auraient permis de maintenir un positionnement tarifaire agressif.
La demande autour du MacBook Neo aurait été suffisamment forte pour épuiser le stock de puces ainsi « récupérées », entraînant une nouvelle production de ces A18 Pro requalifiées.
D’autres produits concernés, selon le Wall Street Journal
Un article du Wall Street Journal cite plusieurs exemples supplémentaires de produits intégrant des puces issues de ce tri :
- A15 Bionic : utilisé dans l’iPhone SE
- A17 Pro : utilisé dans l’iPad mini
- A18 : utilisé dans l’iPhone 16e
- A19 : utilisé dans l’iPhone 17e
- A19 Pro : utilisé dans l’iPhone Air
Une pratique ancienne, jusque dans les premières générations
Selon les informations rapportées, Apple appliquerait cette méthode depuis l’époque de l’iPad d’origine et de l’iPhone 4. Des puces A4 jugées trop énergivores pour un smartphone auraient ainsi trouvé leur place dans l’Apple TV, alimentée sur secteur. Le même type d’arbitrage est aussi évoqué pour des puces S7 moins efficientes, finalement orientées vers le HomePod (2e génération) plutôt que vers l’Apple Watch pour laquelle elles auraient été envisagées.
Le rapport estime que ces optimisations industrielles pourraient représenter des économies cumulées de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars.
Photo : Jason Leung (Unsplash).