
La plainte visant les AirPods Max pour un supposé défaut de condensation subit un net revers judiciaire. Dans une ordonnance rendue par la juge Orelia E. Merchant, du tribunal fédéral du district est de New York, l’essentiel des demandes a été rejeté, avec une conclusion centrale : au regard du droit new-yorkais invoqué, le casque d’Apple atteint le niveau minimal attendu d’un produit commercialisable, même s’il ne répond pas aux attentes avancées par les acheteurs.
Déposée en avril 2025, l’action collective proposée reprochait aux AirPods Max, vendus 549 dollars, une accumulation de condensation à l’intérieur des oreillettes lors d’un usage normal en intérieur. Selon les plaignants, ce phénomène pouvait dégrader le son, perturber la détection des oreilles, la réduction active du bruit et la recharge.
Ce que dit l’ordonnance
D’après l’ordonnance, Arthur Apicella a commandé des AirPods Max et AppleCare+ sur le site d’Apple le 9 avril 2021 alors qu’il résidait à New York. Il affirme avoir constaté une « condensation excessive » dans les oreillettes en regardant un film, parfois après seulement 15 minutes d’utilisation. Dustin Amundson, résident de l’État de Washington, dit avoir acheté ses AirPods Max et AppleCare le 23 mai 2021 et observé une condensation similaire lors de tâches quotidiennes à domicile.
Les deux plaignants soutenaient qu’ils ne pouvaient pas profiter de l’expérience audio mise en avant par Apple, évoquant notamment des bascules de connexion entre appareils, des interruptions audio, des difficultés croissantes de connexion et une autonomie ne tenant plus les 20 heures annoncées. Ils affirmaient aussi qu’Apple connaissait le problème dès 2018.
La juge Merchant a toutefois rejeté avec préjudice toutes les demandes fondées sur le droit de l’État de New York. Elle rappelle que la garantie implicite de qualité marchande de cet État n’exige qu’un « niveau minimal de qualité », et non un produit parfait. L’ordonnance note également que l’un des plaignants avait effectivement utilisé ses AirPods Max pour regarder un film. En conséquence, le plaignant new-yorkais est écarté du dossier.
Deux demandes subsistent pour le plaignant de Washington
L’affaire n’est pas totalement close. Selon l’ordonnance, le plaignant de l’État de Washington peut encore poursuivre deux demandes au titre du droit local ainsi qu’au titre du Magnuson-Moss Warranty Act, une loi fédérale américaine sur les garanties. Autrement dit, la procédure continue, mais sur un périmètre nettement réduit par rapport à la plainte initiale.
Cette décision ne tranche pas, à ce stade, l’existence d’un défaut inhérent des AirPods Max. Elle fixe en revanche un cadre plus strict : les griefs les plus larges, du moins sous l’angle du droit new-yorkais, ne suffisent pas à faire reconnaître que le produit est impropre à l’usage pour lequel il a été conçu.
Pourquoi c’est important
Pour Apple, cette ordonnance réduit le risque immédiat d’une action collective plus large autour d’un produit audio premium vendu 549 dollars. Pour les utilisateurs, elle montre surtout qu’un problème rapporté sur le terrain ne se traduit pas automatiquement en défaut reconnu par la justice, surtout quand le débat porte sur le seuil minimal de fonctionnement attendu.
La suite à surveiller est donc plus juridique que technique : les demandes maintenues dans l’État de Washington diront si les plaignants peuvent mieux ancrer leurs arguments dans d’autres bases légales. Pour Apple, l’enjeu est aussi réputationnel, car les AirPods Max restent un accessoire haut de gamme où les attentes sont, par définition, élevées.
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Source : U.S. District Court, Eastern District of New York — order by Judge Orelia E. Merchant