
Apple a construit une partie importante de son discours environnemental sur la réduction de son empreinte et le recours aux énergies renouvelables. Pour Greenpeace East Asia, l’essor de l’intelligence artificielle place désormais cette trajectoire face à une épreuve concrète : la capacité du groupe à absorber de nouveaux besoins de calcul sans dévier de ses engagements climatiques.
L’IA, un nouveau défi pour les centres de données
Avex Li, porte-parole de Greenpeace East Asia, juge que « l’IA sera le test décisif des engagements climatiques d’Apple ». Les fonctions d’Apple Intelligence et les usages liés à Siri peuvent être traités sur l’appareil dans certains cas, mais les opérations plus complexes reposent sur des centres de données à grande échelle. Ceux-ci consomment d’importantes quantités d’électricité et d’eau.
« Pour préserver l’héritage environnemental de Tim Cook, l’entreprise devra montrer que la croissance de l’IA peut être intégrée à ses engagements climatiques actuels, grâce à des réductions absolues des émissions, à des investissements supplémentaires dans les énergies renouvelables et à des produits plus durables », affirme Avex Li de Greenpeace East Asia.
Cette position ne remet pas en cause les progrès déjà salués par l’organisation. Greenpeace avait notamment relevé dès 2015 le recours d’Apple aux énergies renouvelables pour alimenter ses centres de données. L’organisation avait aussi souligné que les trois extensions de centres de données annoncées par Apple sur une période d’un an seraient alimentées en énergie renouvelable, tout en mettant en avant l’influence du groupe auprès de grands opérateurs de colocation.
Plus récemment, Greenpeace East Asia avait attribué à Apple la note B+ pour l’introduction de davantage d’énergie renouvelable dans ses chaînes d’approvisionnement.

Apple renvoie à son rapport de progrès
Sollicitée sur ces préoccupations, Apple a renvoyé à son plus récent rapport de progrès environnemental ainsi qu’à ses déclarations antérieures sur le sujet. La réponse s’inscrit dans une stratégie où l’entreprise met en avant, à la fois, le traitement local d’une partie des requêtes et ses investissements environnementaux.
Ce que ça change
Le débat déplace l’attention des promesses générales vers un critère mesurable : l’évolution des émissions absolues à mesure que les services d’IA gagnent en ampleur. Pour les utilisateurs, le traitement sur l’appareil peut limiter le recours aux infrastructures distantes, tandis que les requêtes les plus exigeantes restent liées à la capacité et à l’alimentation des centres de données.
La cohérence entre l’expansion d’Apple Intelligence, les investissements renouvelables supplémentaires et la durabilité des produits constituera donc le point de vigilance mis en avant par Greenpeace. C’est sur cette articulation entre croissance des usages et réduction effective de l’empreinte que se jouera la crédibilité environnementale d’Apple.
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Source : Avex Li (Greenpeace East Asia), cité par The Verge
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