
Apple compte parmi les groupes les plus actifs auprès des institutions européennes. Selon l’analyse du Financial Times, fondée sur le registre de transparence de l’Union européenne et les bases de données de rendez-vous du Parlement européen et de la Commission, l’entreprise a tenu 257 réunions avec des responsables européens depuis juin 2024, date des dernières élections européennes.
Ce volume place Apple au deuxième rang des grandes entreprises technologiques recensées, derrière Google et ses 302 réunions. Amazon apparaît également dans le top 20, à la 14e place, avec 239 échanges. Tous secteurs confondus, l’ONG WWF domine le classement avec 431 réunions, le Financial Times soulignant l’activité particulièrement soutenue des ONG environnementales.
Un budget supérieur à plusieurs industriels européens
Le Financial Times estime les dépenses annuelles d’Apple consacrées au lobbying à Bruxelles à 9 millions d’euros, dans une fourchette comprise entre 8 et 9 millions d’euros. Ce montant dépasserait les budgets cumulés de Total, Volkswagen et Airbus dans la capitale européenne. Meta se situerait encore au-dessus, avec plus de 10 millions d’euros par an.
Apple, Google et Amazon disposent chacune de davantage de rendez-vous avec des représentants du Parlement et de la Commission que n’importe quelle entreprise européenne individuelle, d’après les données compilées par le quotidien financier. Apple et Amazon ont indiqué au Financial Times échanger avec les décideurs sur les sujets importants pour leurs clients et leurs activités.

Les règles numériques européennes au cœur du rapport de force
Cette présence intervient alors que les groupes américains cherchent à peser sur les règles numériques adoptées par l’Union européenne. Le Financial Times replace cette offensive d’influence dans le contexte de la volonté européenne de renforcer sa « souveraineté technologique » et de réduire sa dépendance aux technologies américaines.
Le président américain Donald Trump a, à plusieurs reprises, menacé l’Europe de droits de douane en réaction à cette orientation réglementaire. Bruxelles est ainsi devenu un terrain stratégique : les décisions européennes peuvent directement encadrer les conditions d’activité des grandes plateformes et fournisseurs technologiques sur le marché de l’Union.
Ce que ça change
Les 257 réunions recensées illustrent l’importance accordée par Apple au dialogue réglementaire européen, au moment où l’UE renforce son cadre numérique. Pour les utilisateurs, l’enjeu se joue indirectement dans l’application de ces règles aux services et activités des groupes technologiques. Il faudra surtout suivre la manière dont ce rapport de force entre Bruxelles et les entreprises américaines influencera les prochaines décisions européennes.
Source : The Financial Times — analyse du lobbying des entreprises à Bruxelles
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