
Les utilisateurs européens d’iPhone et d’iPad pourraient devoir patienter durablement avant l’arrivée de Siri AI. Dans sa newsletter Power On publiée le 4 octobre, Mark Gurman, de Bloomberg, juge qu’il ne faut pas s’attendre à un lancement prochain de la fonction dans l’Union européenne.
Le dossier dépasse désormais le simple décalage de calendrier. D’après le journaliste, Apple se servirait de l’absence de Siri AI sur iOS dans la région pour faire pression sur la Commission européenne, en espérant que la frustration des clients nourrisse l’opposition à l’approche réglementaire européenne.
Le DMA au cœur du bras de fer sur Siri
Siri AI est déjà disponible sur Mac et Vision Pro en Europe, deux plateformes qui ne relèvent pas du champ d’application du DMA tel qu’il concerne l’iPhone et l’iPad. Sur ces derniers, Apple doit offrir à ses concurrents un accès équivalent à certaines fonctions du système. L’Apple Watch est également affectée dans la mesure où son fonctionnement avec Siri AI dépend de l’iPhone, sur lequel Apple effectue localement le traitement des données personnelles.
Apple qualifie ses discussions avec la Commission européenne de constructives. Sa position établie en juin reste toutefois claire : sans feu vert complet de Bruxelles, le groupe ne commencerait pas le développement d’une version européenne de Siri AI, susceptible notamment de s’ouvrir à des modèles tiers comme ChatGPT ou Claude AI.

Un précédent de cinq mois avec Apple Intelligence
Mark Gurman rappelle le précédent d’Apple Intelligence : les fonctionnalités ont été lancées en octobre 2024, puis sont arrivées dans l’Union européenne à la fin mars 2025, soit environ cinq mois plus tard. Pour Siri AI, un délai comparable représenterait le scénario le plus favorable à ses yeux ; il n’exclut pas une attente plus longue pour les utilisateurs européens.
Cette temporalité complique la perspective d’un déploiement dans une mise à jour précise. Une arrivée avec iOS 27.4 ou iOS 27.5 au printemps 2027 dépendrait d’un accord de principe entre Apple et la Commission dans les prochaines semaines, tandis que l’Europe encourage Apple à lancer son service avant de répondre aux conclusions de son enquête.

Ce que ça change
Pour les clients européens, l’enjeu est moins l’accès à une fonction isolée que la cohérence des expériences Siri entre l’iPhone, l’iPad et les autres appareils Apple. Le différend réglementaire peut ainsi créer un décalage fonctionnel durable avec les marchés où Siri AI est disponible.
Pour Apple, ce bras de fer place la protection de la vie privée, invoquée par le groupe, face aux obligations d’ouverture du DMA. La prochaine étape à surveiller sera la capacité des deux parties à établir un cadre permettant un lancement européen sans modifier la stratégie d’intégration de Siri dans iOS.
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Source : Mark Gurman (Bloomberg, newsletter Power On)
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