
Le litige opposant Apple au vidéaste Jon Prosser et à Michael Ramacciotti se crispe sur la phase de collecte des preuves. Dans un rapport conjoint remis au juge James Donato du tribunal fédéral du district nord de Californie, les trois parties divergent sur les documents encore attendus, une nouvelle déposition envisagée et la suite du calendrier judiciaire.
Apple réclame des documents et une nouvelle déposition
Selon ce rapport conjoint, Apple indique attendre toujours de Jon Prosser certains documents demandés depuis plus de trois mois. L’entreprise vise notamment des rapports de revenus et des données d’audience de ses chaînes YouTube, ainsi que des échanges avec des tiers que le vidéaste aurait identifiés lors de sa déposition.
Apple souhaite également que Michael Ramacciotti complète ses réponses écrites aux interrogatoires et se soumette à une seconde déposition. La société invoque des incohérences entre les témoignages de M. Ramacciotti et de M. Prosser.
Apple avait engagé cette action en juillet 2025 pour détournement présumé de secrets d’affaires. Elle accuse les deux hommes d’avoir contribué à la divulgation de fonctions alors inédites d’iOS, dont l’évolution visuelle finalement connue sous le nom de Liquid Glass. Ces accusations restent à établir dans le cadre de la procédure.
Les défendeurs contestent la conduite du dossier
Michael Ramacciotti se dit prêt à comparaître de nouveau, mais demande d’abord à Apple une feuille de route précisant ce que l’entreprise attend encore de lui pour régler ses demandes. Il sollicite une conférence de suivi ce mois-ci : Apple devrait alors expliquer les éléments supplémentaires recherchés, avant de disposer de 30 jours pour soit abandonner ses demandes contre lui, soit s’engager à aller au procès.
Jon Prosser soutient pour sa part avoir respecté les obligations de production auxquelles il avait consenti. Il avance aussi que les secrets d’affaires invoqués seraient désormais dans le domaine public, en référence à la sortie de la mise à jour d’iOS intégrant Liquid Glass. Cet argument constitue sa position dans la procédure, et non une conclusion du tribunal.
Le dossier avait déjà connu un épisode procédural après l’inscription d’un défaut contre Jon Prosser, faute de réponse dans le délai initial. Celui-ci contestait l’idée d’avoir ignoré l’affaire ; huit mois plus tard, le tribunal a annulé ce défaut afin de lui permettre de répondre formellement aux accusations.
Ce que ça change
Le différend porte désormais autant sur la preuve à réunir que sur les fuites présumées elles-mêmes. Une conférence de suivi pourrait clarifier si le dossier se dirige vers une poursuite de l’instruction, un règlement ou un procès. À défaut d’une telle conférence, les parties proposent de remettre un nouveau rapport conjoint le 2 décembre.
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Source : Joint status report d’Apple, Jon Prosser et Michael Ramacciotti — U.S. District Court, Northern District of California
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