
Photo : 9to5Mac
Dans l’affaire épique qui oppose Epic Games à Apple depuis plusieurs années, Tim Sweeney, le PDG d’Epic, s’illustre par son habileté à réinterpréter publiquement les victoires légales de l’entreprise.
Vendredi dernier, Epic a tenté une nouvelle fois de transformer une victoire limitée en tribunal en une campagne de relations publiques. Depuis, l’entreprise a eu la possibilité de faire valoir ses agissements devant la justice.
Coup de théâtre dans le procès Epic Games contre Apple
Dès le départ, le cas Epic Games contre Apple reposait sur une mise en scène. Epic savait pertinemment qu’il serait banni de l’App Store et du Google Play Store après avoir diffusé une mise à jour de Fortnite dotée d’un système d’achats intégrés parallèle, et l’a fait malgré tout.
Les documents judiciaires ont révélé qu’Epic avait préparé en amont toute la campagne Free Fortnite et le procès. Ce coup de poker portait le nom de code Project Liberty.
En violant délibérément les conditions des boutiques, Epic a contribué en partie à la décision du juge de district Yvonne Gonzalez Rogers de laisser à Apple le choix de réintégrer Fortnite à l’App Store.
Victoire partielle, stratégie maximale
Juste après le verdict initial du tribunal, Sweeney a publiquement accusé Apple de mentir sur sa volonté de réintégrer Fortnite à condition qu’Epic suive les mêmes règles que les autres développeurs.
Il a affirmé qu’Epic était prêt à se conformer, mais qu’Apple refusait toujours de réintégrer Fortnite sur iOS, qualifiant cela d’« abus de pouvoir monopolistique sur un milliard d’utilisateurs ».
Le problème, c’est que la correspondance de Sweeney avec Apple montrait que l’offre d’Epic de « jouer selon les règles » était assortie de conditions.
Depuis, à travers appels, interviews et déclarations publiques, Sweeney n’a cessé de présenter les poursuites judiciaires comme des victoires décisives ou comme la preuve des fautes d’Apple et de Google, même si les tribunaux ont majoritairement statué en faveur des plateformes et refusé de les qualifier de monopoles illégaux.
Nouvelle audience prévue pour le 27 mai
Il y a quelques minutes, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a officiellement accordé à Epic une nouvelle journée au tribunal.
Dans une ordonnance de justification, elle a signalé son impatience croissante, rappelant à Apple qu’il n’avait jamais sollicité un sursis de la part du neuvième circuit après son jugement du 30 avril. Elle a également insisté sur le fait que l’entreprise est « parfaitement apte à résoudre ce problème sans nouvelles plaidoiries ni audience ».
En substance, le tribunal a ordonné que l’officiel d’Apple « personnellement responsable de l’application » doit se présenter en personne si les deux entreprises ne règlent pas la question avant l’audience.
Comme toujours, Epic ne manquera pas l’occasion de transformer cette avancée procédurale en un récit plus large sur l’abus des plateformes et la liberté des utilisateurs. Mais est-ce que cela convaincra la juge ? Nous le saurons bien assez tôt.