
Une enquête du Tech Transparency Project a identifié des dizaines d’apps liées à des entités sanctionnées par les États‑Unis sur l’App Store. Des cas similaires ont été relevés sur la boutique de Google, à moindre échelle.
Apple présente régulièrement l’App Store comme un espace sûr et de confiance, et affirme avoir empêché des milliards de dollars de transactions frauduleuses ces dernières années, dont plus de 2 milliards en 2024 selon son analyse annuelle.
Ce que révèle l’enquête du TTP
Selon le Tech Transparency Project, l’App Store a hébergé des apps appartenant à des organisations sanctionnées par Washington, notamment :
- des banques russes soutenant l’invasion de l’Ukraine ;
- un groupe paramilitaire chinois associé à des violations des droits humains ;
- une société détenue par un ressortissant lituanien accusé de trafic de drogue.
Le TTP précise que l’identité des développeurs n’était pas dissimulée : les fiches App Store mentionnaient clairement des entités sanctionnées comme développeur, vendeur ou titulaire des droits. Au total, 52 apps concernées ont été recensées sur l’App Store, contre 18 sur la boutique de Google.
Cadre légal et antécédents
La loi américaine interdit à une entreprise des États‑Unis d’entretenir une relation commerciale avec une entité sanctionnée. Apple avait déjà été sanctionnée en 2019 dans une affaire impliquant une app liée à un trafiquant de drogue slovène sous sanctions, et s’était engagée auprès du département du Trésor à renforcer ses outils de filtrage. Le TTP estime que ces mesures restent insuffisantes six ans plus tard.
Apple conteste que l’hébergement de ces apps constitue une violation des sanctions, selon The Washington Post. Le TTP indique toutefois qu’Apple a retiré les apps signalées après la communication de ses conclusions.