
La Russie a restreint FaceTime début décembre 2025, invoquant son usage dans des actes terroristes, selon Reuters. iMessage, pourtant chiffré de bout en bout, n’a pas été visé. Une particularité technique d’iOS pourrait expliquer cet écart.
Russie : FaceTime bloqué, iMessage épargné
Le régulateur Roskomnadzor a justifié la décision en affirmant que FaceTime était utilisé pour organiser des attaques, recruter des auteurs et commettre des fraudes, sans fournir d’éléments à l’appui (Reuters).
Une architecture qui complique un blocage ciblé
Interrogation posée par John Gruber (Daring Fireball) : pourquoi iMessage a-t-il échappé au blocage ? Sur Mastodon, Magebarf avance que le trafic iMessage emprunte le même point de terminaison que le service Apple Push Notification (APNs). Couper iMessage reviendrait alors à couper toutes les notifications push à distance sur iPhone.
La documentation d’Apple décrit le rôle central d’APNs dans la livraison des messages et alertes du système (Apple Support). Un blocage d’iMessage à ce niveau pourrait donc provoquer :
- l’arrêt des notifications pour les applications de messagerie tierces ;
- des perturbations pour les alertes temps réel (banque, authentification, santé) ;
- un impact transversal sur l’écosystème applicatif iOS.
Une idée née face aux opérateurs
L’intégration d’iMessage via le même canal qu’APNs aurait également permis d’empêcher les opérateurs mobiles de filtrer iMessage à l’époque où le SMS était facturé à l’unité, selon l’hypothèse évoquée par Magebarf. Un constat courant va dans ce sens : les formules Wi‑Fi en vol « messagerie uniquement » continuent de délivrer des notifications push d’apps inaccessibles autrement.
Des limites à cette explication
FaceTime s’appuie lui aussi sur APNs pour la signalisation d’appel, ce qui ne suffit pas à expliquer, seul, la différence de traitement. D’autres leviers techniques existent pour un État, comme le filtrage d’Identity Services, qui gère l’authentification des services Apple liés aux messages (The Apple Wiki). Leur mise en œuvre à l’échelle d’un pays reste cependant plus complexe qu’un simple blocage d’URL.