
Des emails récemment rendus publics, repérés par The Verge, montrent Mark Zuckerberg suggérant en interne que Meta devrait réduire ses travaux de recherche sur les effets nocifs de ses plateformes. Dans cet échange daté de 2021, le dirigeant cite Apple comme exemple à suivre.
Le message intervient après une enquête du The Wall Street Journal affirmant que Meta disposait de recherches approfondies indiquant qu’Instagram était « toxique pour les adolescentes ».
Apple citée comme modèle d’approche minimaliste
Dans un email adressé à Sheryl Sandberg (alors COO) et à Nick Clegg (responsable des affaires mondiales), Mark Zuckerberg avance que Meta devrait mener moins de recherches « proactives » sur ces sujets. Il évoque Apple en ces termes :
« Apple, par exemple, ne semble pas étudier ce genre de choses. D’après ce que je comprends, ils n’ont personne qui examine ou modère du contenu et n’ont même pas de mécanisme de signalement dans iMessage. Ils ont adopté l’approche selon laquelle les gens sont responsables de ce qu’ils font sur la plateforme, et en ne prenant pas cette responsabilité sur eux, ils n’ont pas constitué d’équipe ni produit une multitude d’études examinant les compromis de leur approche. Cela a étonnamment bien fonctionné pour eux. »
Le cas du CSAM et l’effet boomerang de la critique
Mark Zuckerberg fait aussi référence au projet d’Apple, annoncé en 2021, de détecter des images connues d’abus sexuels sur mineurs (CSAM) lorsqu’elles sont stockées dans iCloud Photos. Après de vives critiques d’acteurs de la vie privée, Apple a ensuite confirmé avoir abandonné le déploiement de ce dispositif.
The Verge résume l’argumentation ainsi : Meta « subit davantage de critiques » parce que l’entreprise signale plus de contenus CSAM, ce qui « donne l’impression qu’il y a plus de ce comportement » sur ses plateformes. À l’inverse, lorsque Apple a tenté d’agir sur le CSAM, la société a été « vivement critiquée », ce qui pourrait l’inciter à renforcer son approche initiale.
Une comparaison contestable avec iMessage
Le rapprochement avec Apple pose toutefois une limite évidente : Apple n’opère pas un réseau social de masse. Meta, qui exploite deux des plus grandes plateformes sociales au monde, n’évolue pas dans le même cadre d’usages ni de diffusion. La comparaison avec iMessage, service de messagerie chiffrée de bout en bout, repose sur des réalités techniques et des responsabilités d’écosystème très différentes.
Apple propose par ailleurs des fonctionnalités de bien-être numérique et de protection des mineurs, dont Temps d’écran, des outils pour les comptes enfants et des options de sécurité des communications, construites sur une base de recherche et de retours terrain.