
L’Australie renforce son arsenal de protection des mineurs en ciblant désormais les applications et services d’IA. Selon Reuters, les autorités envisagent d’imposer aux boutiques d’apps et aux moteurs de recherche de bloquer les services qui ne respectent pas de nouvelles exigences de vérification d’âge.
Des obligations centrées sur les contenus sensibles et l’usage des chatbots
Après avoir instauré l’an dernier une interdiction des réseaux sociaux pour les adolescents, l’Australie étend son attention aux plateformes d’intelligence artificielle. À partir du 9 mars, des services, y compris ceux d’entreprises comme OpenAI, devront se conformer à un ensemble de mesures destinées à empêcher l’accès des moins de 18 ans à des contenus tels que :
- la pornographie ;
- la violence extrême ;
- l’automutilation ;
- les contenus liés aux troubles du comportement alimentaire.
Le dispositif vise aussi les inquiétudes autour d’un usage intensif des chatbots par certains adolescents, et les risques associés à des mécanismes de conception pouvant favoriser une forme de dépendance. D’après les éléments cités par Reuters, l’autorité australienne eSafety dit avoir été informée de cas d’enfants âgés d’à peine 10 ans passant jusqu’à six heures par jour sur des outils interactifs propulsés par l’IA.
Vers un blocage des services non conformes via les plateformes
Reuters indique que le régulateur pourrait faire pression sur les app stores et les moteurs de recherche afin qu’ils bloquent l’accès aux services d’IA qui ne vérifient pas l’âge des utilisateurs. L’agence précise qu’un examen a montré que plus de la moitié des services concernés n’avaient rendu publiques aucune mesure de conformité à l’approche de l’échéance.
Sollicitée par Reuters, Apple n’a pas souhaité commenter. En parallèle, l’entreprise déploie dans plusieurs régions des garde-fous liés à l’âge et des outils d’« age assurance » au niveau de ses plateformes, avec des API et des signaux détectés par l’appareil, tout en laissant aux développeurs la responsabilité de l’adoption et du respect des exigences locales.
Reuters ajoute que la conformité resterait limitée à ce stade : parmi les 50 outils d’IA textuels les plus populaires, la majorité ne montrerait pas d’initiative claire concernant la vérification d’âge ou le filtrage de contenu alors que la date d’entrée en vigueur approche.