
Une enquête de Reuters décrit une intensification des menaces visant Taïwan et, par ricochet, TSMC, le fondeur au cœur de la chaîne d’approvisionnement d’Apple pour les puces les plus avancées.
Le contexte reste celui d’une pression constante de Pékin sur l’île, revendiquée par la Chine, avec des exercices militaires déjà centrés sur des scénarios de blocus.
Trois axes de pression, au-delà du risque militaire
- Recrutement ciblé d’ingénieurs : selon le Bureau de la sécurité nationale taïwanais, la Chine continuerait d’utiliser des canaux indirects pour attirer des talents et capter des informations internes, afin d’accéder à des technologies clés, notamment les procédés de gravure les plus avancés.
- Offensive cyber à très grande échelle : Reuters rapporte que le réseau de services gouvernementaux taïwanais aurait subi plus de 170 millions de tentatives d’intrusion au premier trimestre de l’année. Le texte souligne que des acteurs industriels majeurs, dont TSMC, sont également susceptibles d’être visés.
- Soupçons d’ingérence électorale : les autorités taïwanaises estiment qu’il n’est pas possible d’exclure une préparation d’interférences dans les élections de fin d’année, via la collecte de renseignement, la surveillance et le vol de données.
Un point de fragilité majeur pour Apple
Apple dépend de TSMC pour la fabrication de ses puces les plus avancées, et la position stratégique de Taïwan rend cette dépendance particulièrement sensible. Tim Cook aurait, selon des informations rapportées, évoqué le fait de dormir « with one eye open » après un briefing classifié de la CIA sur Taïwan.
Le groupe a engagé des efforts de diversification industrielle, notamment en soutenant le développement de capacités de fabrication aux États-Unis, en Arizona. Mais sur les nœuds de gravure les plus fins, TSMC conserve une avance qui réduit fortement les alternatives disponibles pour les générations de puces les plus récentes.