
Apple a confirmé que Siri AI et plusieurs fonctions d’Apple Intelligence s’appuient sur des modèles Gemini de Google. Pour autant, Apple insiste sur un point : il ne s’agit pas de faire tourner « Gemini » sur iPhone, mais d’exécuter des modèles adaptés et intégrés à une pile Apple.
Gemini : modèles d’IA, pas assistant Siri
La confusion vient en partie de la terminologie de Google. « Gemini » désigne d’abord une famille de modèles d’IA. « Gemini Assistant » correspond, lui, à l’assistant d’Android, l’équivalent de Siri. Dans la communication de Google, le mot « Assistant » est parfois omis, ce qui entretient l’amalgame.
Dans les faits, Siri AI et Gemini Assistant restent deux assistants distincts. Ils peuvent s’appuyer sur des modèles issus de la même famille, sans partager le même produit, la même interface ni les mêmes choix d’intégration.
Des modèles Apple, conçus avec Google
Apple décrit son approche comme une architecture fondée sur ses propres modèles, les Apple Foundation Models (AFM), présentés comme « une famille de cinq modèles fondamentaux ».
Point clé : ces modèles sont annoncés comme « construits sur mesure en collaboration avec Google ». Autrement dit, Apple ne se contente pas d’appeler une API tierce ; la base technologique est co-développée et intégrée à un ensemble plus large d’outils, de données et de garde-fous Apple.
Quatre modèles adaptés à Apple Silicon, un modèle plus puissant côté serveurs
Jason Snell (Macworld) détaille ce que la communication d’Apple permet d’inférer : quatre des cinq modèles seraient des versions personnalisées de Gemini optimisées pour Apple Silicon. Le cinquième, plus sophistiqué, s’exécuterait sur des serveurs Google, tout en restant dédié à Apple et probablement entraîné avec des jeux de données différents.
Macworld relève notamment qu’Apple explique que les modèles destinés à Apple Silicon sont « entraînés avec des données propriétaires via apprentissage par renforcement, puis affinés à partir des sorties de modèles Gemini de pointe ». L’idée générale : Apple partirait de fondations Gemini, les reconfigurerait pour ses contraintes (taille, performances, matériel), puis les réentraînerait avec ses données, ses poids et ses garde-fous.
Source : analyse de Jason Snell sur Macworld
Confidentialité : trois niveaux d’exécution
- Sur l’appareil : deux des quatre modèles tournent directement sur l’iPhone (ou l’appareil concerné). Les données ne quittent pas l’appareil dans ce cadre.
- Private Cloud Compute (PCC) sur serveurs Apple : deux autres modèles s’exécutent sur l’infrastructure PCC d’Apple, basée sur des puces Apple Silicon. Apple affirme une architecture conçue pour que les données ne soient ni conservées ni accessibles, avec des garanties vérifiables par des chercheurs en sécurité.
- Modèle le plus puissant sur serveurs Google dédiés : pour les requêtes nécessitant davantage de capacité, Apple indique utiliser des serveurs Google réservés à ses usages. Des GPU Nvidia remplacent Apple Silicon, mais Apple affirme y appliquer les mêmes principes PCC (calcul sans état, garanties applicables, absence d’accès privilégié à l’exécution, non-ciblabilité, transparence vérifiable).
La différence matérielle et d’hébergement signifie que PCC « chez Google » n’est pas strictement identique à PCC sur l’infrastructure Apple, même si Apple soutient que les protections restent équivalentes via les mêmes exigences d’architecture.