
Apple fait face à une nouvelle plainte liée aux usages abusifs de l’AirTag. Déposée le 10 août devant l’U.S. District Court for the Eastern District of Michigan par deux habitantes de Detroit, identifiées sous les pseudonymes Jane MH Doe-1 et Jane WP Doe-2, elle reproche au groupe des protections insuffisantes contre le harcèlement et le suivi non consenti.
Les deux plaignantes soutiennent avoir été géolocalisées par d’anciens partenaires au moyen d’AirTag, sans recevoir d’alerte signalant qu’un traqueur inconnu se déplaçait avec elles. Elles invoquent notamment une négligence, une conception défectueuse du produit, une atteinte à la vie privée et des violations du Michigan Consumer Protection Act.
Deux récits de suivi présumé à Detroit
Selon la plainte, Jane MH Doe-1 affirme qu’un ancien partenaire est apparu à plusieurs endroits où elle ne lui avait pas indiqué se rendre durant l’été. Il l’aurait notamment retrouvée dans un parc le 2 juillet, puis lors d’un feu d’artifice le lendemain. Après avoir déplacé son camping-car pour éviter de nouvelles visites, cet ancien partenaire se serait présenté à son nouvel emplacement le 23 juillet. Son fils de 12 ans aurait finalement découvert un AirTag dissimulé dans le véhicule.
Jane WP Doe-2 allègue pour sa part avoir été suivie après avoir quitté une relation abusive de quatre ans. Après son installation dans un nouvel appartement en mars 2023, son ancien partenaire se serait présenté le même jour. Deux semaines plus tard, un AirTag aurait été retrouvé sous la banquette arrière de sa voiture. Elle utilisait alors un smartphone Android et indique avoir signalé les faits à la police en avril 2023.
Les protections AirTag au cœur du litige
Les mécanismes d’Apple sont conçus pour avertir une personne lorsqu’un AirTag non associé se déplace avec elle et est séparé de son propriétaire. L’alerte permet ensuite de localiser et de désactiver le traqueur ; l’AirTag peut aussi émettre un son, automatiquement après un certain temps ou à la demande sur iOS et Android.
Depuis 2023, Apple et Google ont également travaillé sur le standard Detecting Unwanted Location Trackers, étendu à d’autres traqueurs, dont ceux de Samsung et Chipolo. Apple a par ailleurs déployé en avril 2026 un firmware pour l’AirTag de deuxième génération, avec un son modifié afin de faciliter la localisation de l’accessoire.
Ce que ça change
Cette procédure cible moins le principe même de l’AirTag que l’exécution de ses garde-fous dans des situations de danger présumé. Pour Apple, l’enjeu est de démontrer que les alertes multiplateformes et les signaux sonores protègent effectivement les personnes concernées, y compris sur Android. Le dossier s’inscrit aussi dans une pression judiciaire persistante : une action collective américaine engagée en 2022 a perdu sa certification en mars 2026, avant que des demandes individuelles soient redéposées en Californie en mai.
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Source : Jane MH Doe-1 et Jane WP Doe-2 — plainte déposée auprès de l’U.S. District Court for the Eastern District of Michigan
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