
L’iPhone prend en charge plus de 200 langues, mais certaines intégrations demandent des années de recherche et d’échanges avec les communautés qui les parlent. Comme le rapporte WIRED, Apple collabore avec des représentants de cultures autochtones depuis au moins 2010 afin que leurs langues soient correctement utilisables sur l’iPhone, notamment au clavier.
« Il s’agit de s’assurer que le meilleur choix pour représenter la langue de quelqu’un est fait sur notre plateforme, afin qu’il se sente bien en l’utilisant », explique à WIRED Chirasree Mandal, ingénieure logicielle chez Apple. L’enjeu dépasse donc un simple dictionnaire ou une traduction : il concerne la manière même d’écrire et de saisir une langue sur un smartphone.
Unicode, puis le travail avec les communautés
Le processus commence par l’intégration des caractères écrits d’une langue dans Unicode, le standard suivi par les entreprises technologiques et connu du grand public pour valider de nouveaux emoji chaque année. Unicode attribue un numéro à chaque caractère : un message peut ainsi afficher le bon caractère sur plusieurs plateformes, même si sa forme graphique varie selon l’appareil.
Cette étape ne règle toutefois pas tout. Pour certaines langues autochtones, le choix des lettres ou de leur représentation peut faire débat. Apple consulte alors les communautés pour identifier leurs préférences et dégager un consensus avant de les intégrer à ses logiciels.
Des claviers qui s’adaptent à la langue
La disposition QWERTY ou AZERTY ne convient pas à toutes les écritures. Le nez-percé, aussi appelé nimipuutímt, n’emploie par exemple pas de majuscules. Apple a donc modifié la touche Maj de son clavier pour proposer des caractères accentués plutôt que des lettres capitales.
Pour le cherokee, la rangée inférieure du clavier peut changer selon la lettre déjà saisie, afin de présenter des options adaptées au contexte. Apple a ajouté le cherokee à l’iPhone il y a seize ans, mais cette évolution du clavier est plus récente, signe que le travail se poursuit après une première prise en charge. Avec iOS 27, Apple a aussi ajouté des langues amérindiennes, dont le pied-noir, le comanche et le cri des plaines du Nord.
Ce que ça change
Pour les personnes concernées, un clavier adapté permet d’écrire dans leur langue sans contourner ses règles avec des caractères approximatifs ou une disposition inadaptée. Cette présence sur un appareil utilisé au quotidien peut aussi faciliter la transmission et l’usage numérique de langues menacées, alors que Chuck Hoskin Jr., chef principal de la nation Cherokee, souligne auprès de WIRED l’urgence de trouver des partenaires capables d’accélérer ce travail.
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Source : WIRED — «How Apple Puts Indigenous Languages on the iPhone Keyboard»
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