
L’iPhone Duo impose à Apple une contrainte thermique particulière : une fois replié, l’appareil concentre ses composants dans un format dont l’épaisseur double. Lors d’un entretien accordé à PCMag, Banafsheh Barabadi, senior manager du design thermique chez Apple, explique que la gestion de la chaleur a été « l’un des aspects les plus difficiles techniquement » de sa conception.
La réponse d’Apple consiste à faire circuler la chaleur entre les deux parties de l’appareil via un conduit flexible en graphite, intégré dans la charnière. Ce composant augmente la surface disponible pour dissiper la chaleur, en exploitant une zone centrale qui relie naturellement les deux moitiés du téléphone.
Un conduit thermique conçu pour bouger
Ce conduit en graphite ne peut pas se contenter de transporter la chaleur : il doit aussi accompagner le mouvement de la charnière. Selon Banafsheh Barabadi, il a été co-conçu par les équipes thermique et mécanique d’Apple afin de supporter de nombreux cycles d’ouverture et de fermeture, tout en conservant sa connectivité thermique et son intégrité structurelle sur la durée de vie du produit.
Cette approche répond à une difficulté propre aux smartphones pliables : les deux côtés du châssis doivent pouvoir participer à la dissipation thermique, alors qu’ils sont séparés par une articulation mobile. La charnière devient ainsi un élément fonctionnel du système de refroidissement, au-delà de son rôle mécanique.

Un A20 Pro adapté aux deux écrans
L’iPhone Duo repose sur une variante de l’A20 Pro, la puce qui équipe aussi les iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max. Dan Murray, vice-président de l’ingénierie du silicium chez Apple, indique que cette version embarque un second moteur d’affichage pour faire fonctionner simultanément les écrans interne et externe.
Apple a également ajouté à l’écran interne la prise en charge d’une caméra FaceTime placée sous la dalle. La puce doit donc assurer une expérience fluide sur les deux affichages avec les performances CPU et GPU accrues de l’A20 Pro.
Ce que ça change
Le passage du graphite par la charnière illustre le niveau d’intégration nécessaire dans un iPhone pliable : la dissipation thermique ne repose plus uniquement sur une chambre à vapeur et les surfaces de chaque moitié, mais aussi sur la liaison mobile entre elles. Pour l’utilisateur, l’enjeu est de préserver la continuité thermique entre les deux parties de l’appareil lors des usages sollicitant la puce et les deux écrans.
Cette pièce sera aussi centrale dans l’équilibre entre refroidissement et durabilité. Apple a dû concilier souplesse, transfert de chaleur et résistance mécanique dans un composant soumis directement aux cycles de la charnière.
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Source : PCMag — interview with Dan Murray et Banafsheh Barabadi (Apple)
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