
Apple va faire évoluer App Tracking Transparency (ATT) dans l’Union européenne. Le Bundeskartellamt, l’autorité allemande de la concurrence, a annoncé le 17 août 2026 la clôture de sa procédure ouverte en juin 2022 contre ce mécanisme, après avoir accepté les engagements proposés par le groupe californien. Apple dispose de quatre mois pour les mettre en œuvre et ils s’appliqueront durant sept ans, sous le contrôle d’un mandataire indépendant.
Introduit avec iOS 14.5 en avril 2021, ATT impose aux applications de demander l’autorisation de l’utilisateur avant de suivre son activité à travers les apps et les sites d’autres entreprises à des fins publicitaires. Un refus prive l’éditeur de l’accès à l’IDFA, l’identifiant publicitaire de l’appareil.
Une fenêtre ATT moins différenciée pour les éditeurs
Selon le Bundeskartellamt, Apple va modifier les textes et l’apparence des fenêtres ATT affichées par les applications tierces. Le terme de « suivi » doit notamment disparaître de la demande présentée à l’utilisateur, tandis que son design sera aligné sur celui des sollicitations employées par Apple pour ses propres services.
Les éditeurs pourront également associer la demande ATT imposée par Apple à leurs propres demandes de consentement au titre du RGPD. Cette évolution répond au reproche d’un double recueil du consentement : une application ayant déjà obtenu une autorisation conforme au règlement européen pouvait devoir solliciter à nouveau l’utilisateur via la fenêtre d’Apple.
L’autorité allemande souligne qu’Apple conserve le droit d’offrir un niveau de protection des données supérieur au minimum légal et juge cet objectif « en principe non contestable ». Le dossier portait donc sur la mise en œuvre concrète du cadre ATT et sur ses effets concurrentiels, plutôt que sur l’existence même d’un contrôle du pistage publicitaire.
Un engagement étendu à toute l’Union européenne
Apple appliquera volontairement ces changements à l’ensemble de l’Union européenne, et non à la seule Allemagne. Cette décision intervient après la sanction infligée à Apple par l’Autorité de la concurrence française en mars 2025, qui avait considéré que la mise en œuvre d’ATT n’était « ni nécessaire, ni proportionnée ».
Pour Apple, l’enjeu est de conserver un dispositif devenu central dans son discours sur la confidentialité, tout en réduisant les griefs des acteurs de la publicité et des régulateurs européens. ATT ne disparaît donc pas : l’utilisateur continuera d’être sollicité avant le suivi inter-apps et inter-sites, mais le parcours de consentement sera moins distinct de celui proposé par les applications et par Apple elle-même.
Ce que ça change
Pour les utilisateurs d’iPhone, la protection contre le suivi publicitaire demeure, mais la formulation et la présentation du choix vont évoluer. Pour les éditeurs, la possibilité de regrouper les consentements pourrait rendre leur parcours moins fragmenté et modifier la manière dont ils présentent leurs demandes.
Cette issue illustre surtout la ligne de crête européenne d’Apple : défendre la confidentialité comme différenciation produit, tout en adaptant ses interfaces lorsque leur conception est considérée comme susceptible d’avantager ses propres services.
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Source : Bundeskartellamt — communiqué de presse sur la clôture de la procédure Apple ATT Framework
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