
Apple fait face à une nouvelle action en justice liée aux usages malveillants de l’AirTag. Jane Doe, une habitante de l’Oregon dont l’identité est protégée, poursuit l’entreprise pour 75 000 dollars, estimant que les protections anti-harcèlement de l’accessoire n’ont pas fonctionné dans son cas.
Selon la plainte déposée devant le U.S. District Court for the District of Oregon, un ancien partenaire aurait placé un AirTag sous son véhicule afin de suivre ses déplacements à plusieurs reprises. Cette surveillance aurait été suivie de menaces verbales et écrites, ainsi que de dégradations matérielles. L’homme a ensuite été inculpé pour harcèlement au moyen d’un GPS et visé par une ordonnance restrictive.
Une alerte iPhone au cœur de l’accusation
Le dossier reproche à Apple une négligence dans la conception et l’exécution de ses garde-fous. La plaignante affirme n’avoir reçu aucune notification signalant qu’un AirTag appartenant à une autre personne se déplaçait avec elle, alors qu’elle utilisait un iPhone.
Cette alerte constitue l’une des principales mesures prévues par Apple : lorsqu’un AirTag séparé de son propriétaire accompagne une personne pendant une durée prolongée, l’iPhone peut avertir l’utilisateur. En cas de détection, celui-ci peut consulter l’identifiant du traceur, lui faire émettre un son pour le localiser et accéder à des instructions pour le désactiver.
Apple a également prévu qu’un AirTag éloigné de son propriétaire émette périodiquement un son après trois jours. Depuis 2024, les alertes concernant les traqueurs Bluetooth inconnus s’inscrivent aussi dans un standard interopérable avec Google, couvrant iOS et Android. En avril 2026, le firmware de l’AirTag de deuxième génération a modifié son signal sonore pour faciliter sa localisation.
Un contentieux qui se poursuit autour de l’AirTag
Cette procédure s’ajoute à plusieurs recours mettant en cause l’efficacité des mesures anti-traque d’Apple. En août, deux femmes de Detroit ont également allégué avoir été suivies par d’anciens partenaires à l’aide de l’accessoire, sans recevoir d’alerte d’Apple.
Une action engagée en 2022 cherchait déjà à constituer un recours collectif contre Apple. Autorisée à se poursuivre en 2024, elle a perdu sa certification collective en mars 2026, avant que des plaignants ne déposent à nouveau une demande en mai.
Ce que ça change
Pour les utilisateurs d’iPhone, cette plainte place l’efficacité pratique des alertes au centre du débat, au-delà de la seule existence de fonctions de sécurité. Apple a progressivement renforcé les mécanismes de détection et de localisation ; le litige interroge désormais leur capacité à protéger une personne dans une situation de harcèlement réelle.
L’affaire rappelle aussi que l’AirTag, conçu pour retrouver des objets, est soumis à un équilibre délicat : le produit doit rester utile à son propriétaire tout en limitant les possibilités de suivi non consenti. La réponse judiciaire apportée à cette demande de 75 000 dollars sera donc particulièrement suivie.
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Source : Jane Doe — plainte déposée devant le U.S. District Court for the District of Oregon
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